Un flacon Maison Bennani passe par quarante-trois mains avant de rejoindre son écrin. Inventaire silencieux.
Un flacon Maison Bennani passe par quarante-trois mains avant de rejoindre son écrin. Voici le chemin, tel qu'on le raconte rarement.
Le verre est soufflé à Meknès, par une famille qui travaille pour nous depuis quatorze ans. Chaque flacon est unique — une infime asymétrie, une micro-bulle qui flotte sous la surface, la marque invisible d'une main humaine.
La capsule dorée est tournée à Paris, rue du Bac, dans un atelier qui n'a pas d'enseigne. Elle est filetée à la main, ajustée au dixième de millimètre, polie au chiffon doux.
L'étiquette est calligraphiée, une par une, à l'encre de Chine par un maître scribe de Fès. Aucune impression numérique. Le trait tremble légèrement — c'est la preuve que ce n'est pas une machine.
Le parfum est versé à la pipette, millilitre par millilitre. Puis scellé. Puis numéroté. Puis glissé dans un écrin de carton noir, cousu à la main, fermé par un ruban de satin.
Quarante-trois mains. Pour un objet que vous déposerez sur une commode.
« Quarante-trois mains. Pour un objet que vous déposerez sur une commode. »
Yasmine Bennani
3 juillet 2025 · —
